Le Doute, l’indispensable outil du Praticien

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Mer 9 Mai - 23:05
Beaucoup parmi nous vivent régulièrement des expériences assez déconcertantes, notamment dans le travail avec des entités ou dans le cadre d’une exploration « d’autres densités énergétiques » (je préfère ce terme à celui de « plans »). L’intangibilité de la plupart de ces expériences, mélangée avec l’impact parfois exceptionnel qu’elles peuvent avoir sur nous et en nous, confronte certains praticiens à deux situations courantes : celle où la foi prend le dessus, et celle où le doute craintif prend le dessus.
Dans le premier cas, la foi prend le dessus, et tout est accepté sans aucune forme de remise en question (que ce soit en positif ou en négatif). « Une entité se présente avec des ailes et des plumes et semble remplie de bonté et d’amour ? Génial! Je suis touché par la grâce et c’est tel ou tel ange ou archange envoyé par Dieu qui vient me voir! » ou, à l’inverse « une entité de couleur sombre était dans ma maison, je me sens en grand danger, je crois que c’est un démon ». Quoi qu’elle puisse ensuite dire ou faire, l’entité sera admise comme tel par le praticien, qui est alors incapable de prendre du recul sur son vécu et qui finit par se refermer sur ses certitudes.
Dans le second cas, le doute craintif prend le dessus. Je parle de doute craintif et non de simple doute, car ici il s’agit bien d’une crainte motivée essentiellement par une construction intellectuelle issue d’un monde qui rejette en bloc tout ce qu’il préfère ignorer pour ne se contenter que d’un matérialisme forcené. De là découle une crainte inconsciente: celle que le vécu individuel soit erroné, faux, et soit le signe avant coureur d’une forme de maladie mentale. L’impossibilité de discuter librement de ce vécu sans être taxé de dingue rend la situation souvent encore plus complexe puisqu’il est difficile d’obtenir un avis sur la question qui ne soit pas moqueur ou inquisiteur. Dans cette situation, tout ce qui est vécu par le praticien est réinterprété au travers de filtres qui finalement, sont sensiblement les mêmes que ceux pour qui la foi prend le dessus (à ceci prêt qu’ici évidemment c’est un rejet massif au lieu d’une acceptation totale. Mais le mécanisme est finalement le même).
Pro et anti ne sont différents en apparence que parce que leur foi est différente, mais ils suivent finalement le même chemin, orientés dans leur jugement par leur passif, leur apprentissage, leurs lectures et le poids des considérations culturelles et religieuses qui pèsent sur eux. Il n’y a rien d’étonnant à ce que des personnes appartenant à l’une de ces deux visions puissent basculer dans la vision opposée assez facilement. Si vous avez eu l’occasion de vous balader de temps en temps sur les forums, vous aurez nécessairement croisé au moins une fois des personnes qui, se revendiquant anciens pratiquants, se sont aujourd’hui rendu compte de leur « bêtise », et affirment désormais que tout est faux. L’inverse arrive également, mais il faut bien l’avouer, dans une société qui privilégie la folie à la foi, c’est plus souvent dans le premier sens que cela fonctionne (dans le second cas, ils finissent généralement enrôlés dans des sectes, ce qui n’est guère mieux).
L’extrême, qu’il aille de la crédulité aveugle jusqu’au déni et au rejet, est une réaction extrêmement courante face à l’inconnu et à tout ce qu’il peut susciter en nous. Pourtant, je suis à peu près certain que chacun des lecteurs de cet article, derrière son écran, ne se sentira nullement concerné par mes propos, persuadé d’être capable de ne pas tomber dans l’un de ces travers. Évidemment, les exemples cités ici sont volontairement des extrêmes, presque caricaturaux (encore que…), mais ne nous mentons pas, parvenir à faire la part des choses de façon réelle et profonde est une étape complexe, et ce quel que soit le chemin que nous ayons choisi d’emprunter. En vérité, quel que soit son niveau de pratique, que l’on soit totalement débutant ou un véritable expert de 50 ans d’age (tel un bon Armagnac), on est tous confronté en permanence à des situations qui ne peuvent qu’interpeller, nous chambouler profondément dans nos certitudes et nous transformer, nous faisant involontairement pencher d’un côté ou de l’autre de la balance.

Tout ça pour dire quoi?
Le danger de se perdre en chemin est présent à chaque instant de la vie d’un praticien. Si cela arrive généralement pendant la pratique elle-même, cela peut survenir également pendant l’apprentissage, pendant des lectures, pendant des discussions, bref, au cours de tout ce qui va pouvoir avoir un impact sur nous, que ce soit conscient ou inconscient. Voilà pourquoi il est indispensable de prendre du recul sur nos certitudes (et sur celles des autres), de douter en permanence de ce que l’on voit, de ce que l’on vit, de ce que l’on entend, de ce que l’on ressent. C’est la seule et unique façon d’avancer réellement et sainement sur un chemin qui ne soit pas tapis d’illusions.
- Une entité vous parle et vous révèle des choses? Doutez tant de sa nature que de la véracité de ses propos.
- Vous lisez un livre qu’on vous a conseillé comme étant une référence? Doutez de sa qualité, doutez des propos de l’auteur, ne les prenez pas pour des vérités au seul prétexte que vous estimez ne pas avoir le recul suffisant pour en juger, ou que ce qu’il dit semble aller dans le sens de vos propres considérations.
- Vous communiquez avec un archange/maître ascensionné/jésus/marie? Doutez de la nature réelle de cette entité, doutez de son message.
- Vous vivez une expérience hors du commun? Doutez! Vivez votre expérience, profitez-en, mais ne vous arrêtez pas à l’assimilation de celle-ci, remettez-la en question a posteriori!
- etc.


Gardez toujours en mémoire que le « plan astral » est un plan d’illusions, c’est à dire un plan malléable par l’esprit. Si je veux (consciemment ou inconsciemment) y voir un dragon rose fushia à points verts, j’y verrai un dragon rose à points verts. De la même manière que si une entité veut prendre cette forme, elle le pourra, quand bien même elle n’a nullement cette nature. Je parle de dragon, mais ce pourrait être n’importe quoi d’autre: un symbole, une forme indistincte, un animal, une maison, une ville, un état, un monde entier….
Quand vous regardez une plage, vous ne voyez que du sable, mais entre les mains d’un enfant il pourra devenir château, et entre les mains d’un professionnel, prendre n’importe quelle forme qu’il voudra. Cela n’en restera pas moins que du sable…

J’vous fais ça en 5 minutes facile …. Dans l’astral par contre, pas sur la plage ^^

Ainsi, le doute est le meilleur ami du praticien (pour ne pas dire le seul). Le doute, le vrai doute j’entends (pas le doute craintif), ne consiste pas à rejeter aveuglément ni à choisir où se trouve la vérité en fonction de ce qui nous convient bien (a fortiori quand elle nous fait du bien), mais à vouloir comprendre, à s’assurer que nos sens ne sont pas trompés, que nos certitudes ne nous aveuglent pas, que l’on ne nous fait pas prendre des vessies pour des lanternes.
On voit en permanence fleurir sur Facebook des grandes citations rappelant que dans la vie les faux amis sont nombreux, qu’on est souvent trahi, que l’on passe notre vie aveuglés et/ou que l’on se trompe souvent sur les gens. Très bien, mais pourquoi en irait-il différemment dans le monde de l’intangible? Parce qu’il est du domaine de la foi, que notre intuition est toute maîtresse ou que des gens écrivent à ce sujet depuis des temps immémoriaux? Allons, la foi comme l’intuition sont traîtresses et si facilement manipulées par notre histoire personnelle, nourries par nos convictions et nos certitudes et bien peu par notre moi profond ou notre raison. Quant aux écrits, ce sont des humains qui écrivent, soumis aux mêmes travers que chacun d’entre nous, et donc aux mêmes erreurs et aux mêmes illusions.
Alors, chers amis et lecteurs, doutez.
Remettez chaque jour en question vos certitudes et celles que d’autres vous proposent. Ne vous laissez aveugler ni par vos peurs ni par les merveilles qui semblent se présenter à vous. Confrontez-les à l’expérimentation (la votre), allez au-delà des apparences, au-delà des avis, au-delà des lectures, au-delà des vécus (y compris les vôtres!), au-delà des dogmes, au-delà de la foi, et apprenez à distinguer ce qui est du domaine de l’illusion de ce qui ne l’est pas.
Un animal en cage n’ayant jamais connu le monde ne saura jamais ce qu’est vraiment le monde et restera toujours prisonnier de l’idée qu’il s’en fait.
Faites tomber les murs et les limites de vos certitudes, car vous être votre propre gardien de prison!
Et qui sait que derrière ces murs et ces limites, un horizon extraordinaire se dessine… il ne tient qu’à vous de le découvrir!
Le serpent à deux têtes
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