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 [Objet insolite] L'ambre gris

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Ororea Nikkita
Le serpent à deux têtes
Le serpent à deux têtes
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Date d'inscription : 29/01/2018
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MessageSujet: [Objet insolite] L'ambre gris    Dim 7 Oct - 3:57

Les temps ne cessent d’évoluer. Bien des outils d’antan considérés alors avec le plus grand respect et destinés aux plus grandes célébrations religieuses sont aujourd’hui devenus méconnus, voire carrément oubliés de l’énorme majorité des praticiens. Une bonne partie d’entre eux ignore jusqu’à l’existence de substances comme l’onicha, le musc, l’ambrette, le bdellium, le labdanum etc, qui entraient pourtant dans la composition de la plupart des « grands » baumes et mélanges des temps anciens.
Egyptiens, grecs, chaldéens, chinois, perses… tous ces peuples aux cérémonies religieuses raffinées s’arrachaient à prix d’or ces substances qui venaient compléter et sublimer les résines connues de tous telles que l’oliban (encens pur), la myrrhe, le copal ou le benjoin.
Mais il en est un qui fut encore plus prisé que tous ceux cités plus haut, dont le prix valait bien des fois celui de l’or… (et qui n’a guère changé de ce point de vue…)
Dans la lignée du fameux bézoard présenté il y a quelques temps, objet « mythique » résultant de la mauvaise digestion de poils et autres substances ingérées par des ruminants, j’ai aujourd’hui le plaisir de vous présenter un produit provenant du Physeter Macrocephalus, plus connu sous le nom de Grand Cachalot, et qui n’est autre que l’Ambre Gris.
Origines


Dès le deuxième millénaire avant JC, les chinois nommèrent cette substance « lung sien hiang », que l’on traduira par « bave du dragon ». Les anciens ont en effet longtemps cru que l’ambre était recrachée par des monstres marins, car l’ambre jaune comme l’ambre gris étaient souvent récoltés sur les plages après avoir flottés sur les mers pendant parfois plusieurs années.
Diderot, dans sa célèbre Encyclopédie, nous donne en 1751 une très intéressante vue sur les croyances de l’époque quant à l’origine de l’ambre gris:
« Les Naturalistes n’ont jamais été d’accord sur l’origine et sur la nature de l’ambre-gris. Les uns ont cru que c’étoit l’excrement de certains oiseaux qui vivoient d’herbes aromatiques aux îles Maldives ou à Madagascar ; que ces excrémens étoient altérés, affinés & changés en ambre sur les rochers où ils restoient exposés à toutes les vicissitudes de l’air. D’autres ont prétendu [...] que les baleines les avaloient & les rendoient ensuite convertis en ambre-gris, qui étoit d’autant plus noir qu’il avoit demeuré plus long-tems dans le corps de ces animaux. On a aussi soutenu que l’ambre-gris étoit l’excrément du crocodile, du veau marin et principalement des baleines, sur-tout des plus grosses & des plus vieilles. [...] On a dit que l’ambre-gris étoit une sorte de gomme qui distille des arbres et qui tombe dans la mer où elle se change en ambre. D’autres ont avancé que c’étoit un champignon marin arraché du fond de la mer par la violence des tempêtes ; d’autres l’ont cru une production végétale, qui naît des racines d’un arbre qui s’étend dans la mer : on a dit qu’il venoit de l’écume de la mer ; d’autres enfin ont assuré que l’ambre-gris n’étoit autre chose que des rayons de cire & de miel que les abeilles faisoient dans des fentes de grands rochers qui sont au bord de la mer des Indes »
Les contes des mille et une nuits nous délivrent également un intéressant passage à ce sujet:


« Une île où l’ambre jaillit d’une fontaine et s’écoule jusqu’à la mer où il est avalé par des monstres venant des profondeurs«
On le croit alors absorbé alors qu’il dégage une odeur désagréable pour être ensuite transformé et recraché par le monstre marin qui le sublime pour le rendre agréable d’odeur.
Si on sait aujourd’hui qu’ils se trompaient concernant l’ambre jaune qui est en réalité de la résine végétale fossilisée, il faut cependant bien avouer qu’ils ne s’étaient pas beaucoup trompé en ce qui concerne l’ambre gris, puisque de monstre marin, il s’agissait en réalité du cachalot. Ce n’est qu’au 13ème siècle qu’on donne à ces substances le nom d’Ambre, du latin Ambra en référence à l’arabe عنبر « anbar », dérivé le mot عنابر « anābir » qui signifie justement « cachalot ». L’ambre jaune, désignée jusque là sous le nom d’elektros, sera également désignée sous ce nom en raison du fait qu’on les trouvait au même endroit. Cela créera ainsi bien des confusions entre l’aspect animal de l’ambre gris et l’aspect végétal de l’ambre jaune.
Car l’ambre gris est en réalité une concrétion intestinale du cachalot, issue de la réaction aux blessures occasionnées par les dents des calamars de taille importante dont les cachalots sont très friands. Lorsque ces dents entaillent les intestins de l’animal, celui-ci sécrète alors une sorte de mucus qui va venir combler la blessure mais aussi entourer les dents afin de protéger le reste de l’intestin, un peu comme on le fait en prenant du pain après avoir avalé une arête.  Ces concrétions sont ensuite évacuées naturellement par l’animal (généralement par vomissement) et en raison de leur faible densité (elles sont très huileuses), vont flotter à la surface et être exposées à l’air libre, au soleil et à l’eau salée qui vont progressivement transformer considérablement la structure chimique de ces étranges agglomérats jusqu’à leur donner cette odeur délicate et subtile, aux antipodes de celle dégagée juste en sortant. Plus le temps d’exposition sera long, plus délicate sera l’odeur. Il faut généralement plusieurs années de ballotage en mer pour obtenir les meilleures qualités d’ambre gris.


L’aspect de l’ambre gris évolue considérablement au fil du temps passé en mer. La variété blanche/jaunâtre est la plus agréable en odeur et aussi la plus recherchée.
Steffen Arctander, dans son « Perfume and Flavor Materials of Natural Origin », décrit l’odeur de l’ambre gris par des notes algues, bois et mousse avec une nuance douce, et signale sa ténacité et sa persistance (une dilution même en très faible dose posée sur un morceau de papier voit son odeur conservée pendant plusieurs mois sans perdre de sa superbe).
A l’inverse, les ambres gris n’ayant pas eu suffisamment de temps pour se transformer en mer ont des odeurs décrites comme « camphré, terreux, fécal, musqué, marin… »
En clair, si vous veniez à tomber sur un morceau en vous baladant sur la plage, vous devriez pouvoir le reconnaître rien qu’à l’odeur. Signalons que si tel venait à être le cas, vous pourriez également devenir sacrément fortuné. Un anglais a ainsi découvert il y a 2 mois de cela sur les côtes du royaume uni une boule d’ambre gris de 3 kg, estimé aujourd’hui à plus de 120000 euros….


Cet énorme concrétion d’ambre gris pèse près de 300kg! On reste encore loin du record, mais de telles pièces restent très rares.
Signalons au passage que si de telles pièces sortent assez régulièrement, la majorité des boules trouvées ne pèsent que quelques centaines de grammes. A l’inverse, des pièces de plus de 10kg sortent de temps en temps, mais restent rares depuis que la chasse au cachalot a été interdite. La plus grosse pièce trouvée à ce jour l’a été en 1908, et a été prélevée directement par des baleiniers norvégiens sur un cadavre et pesait plus de 450kg!
La majorité de la production moderne (qui s’élève à quelques centaines de kg chaque année) provient désormais de la Nouvelle-Zélande, d’Inde, d’Afrique de l’Est, de Madagascar, du Brésil et de la Norvège (et de temps en temps, d’Angleterre et même… de France! si si!).
Utilisations
Depuis le 16ème siècle à peu près, l’ambre gris est devenu un produit de luxe principalement destiné à la parfumerie en raison de son odeur suave et légèrement aphrodisiaque si caractéristique, ainsi que par sa capacité incroyable à fixer les différentes odeurs dans un parfum. Néanmoins, afin de réduire le braconnage et face au prix exorbitant, il est remplacé depuis près de 200 ans par un composé de sytnthèse (voir chapitre suivant). La plupart des traces que l’on trouve, notamment sur internet, n’abordent pratiquement que cette utilisation. Il serait pourtant dommage de réduire cet incroyable composé à son seul emploi en parfumerie, ou même de ne considérer que l’aspect « cosmétique » du parfum.
Dès le milieu du premier millénaire avec JC, les égyptiens étaient déja très friand de cette concrétion si particulière, donc l’odeur subtile ne pouvait constituer qu’un élément de nature divine. Utilisé comme encens lors des cérémonies religieuses dédiées aux divinités liées à la maternité comme Isis, Hator ou encore Bastet, l’ambre gris était également mélangé à d’autres essences afin de créer un parfum dont on enduisait les statues de ces mêmes divinités lors des grandes cérémonies.
A l’inverse, les hommes employaient régulièrement l’ambre gris comme aphrodisiaque, afin d’obtenir les faveurs des femmes qu’ils convoitaient. Mais les dieux anciens eux-même se plaisaient à jouer de cette senteur lorsqu’ils convoitaient une humaine. Un ancien papyrus égyptien  nous narre ainsi une très intéressante histoire:
« Amon trouva la reine dans les appartements privés du palais. Sentant le parfum divin, elle s’éveilla et lui sourit. Il s’avança vers elle, il la désira et lui donna son coeur. [...] Le palais fut inondé du parfum divin, il embaumait tel le pays de Pount et le dieu fit ce qu’il désirait avec elle. »
De tels usages perdurèrent à peu près jusqu’à la renaissance, et il n’était pas rare que les hommes fassent brûler sur des charbons ou portent directement sur eux une petite noisette d’ambre gris, dans le but d’attiser le désir de le femme. Quant à ces dernières, elles continuèrent également d’employer l’ambre gris afin d’améliorer leurs chances de donner naissance et combattre l’infertilité, et pendant toute la maternité, pour protéger leur foyer et leur enfant. Bien qu’il soit devenu très difficile de s’en procurer, l’ambre gris continue d’être utilisé à cet effet dans certaines régions du monde, et plus spécifiquement dans certaines régions du moyen-orient où les traditions ont parfois su perdurer.

Annick le Guérer nous informe par ailleurs qu’au moyen-âge, l’ambre gris était conservé dans des petits pendentifs dénommés « pomander ». Ce « pomander » (qui signifie pomme d’ambre), contenait un morceau d’ambre gris censé protéger de la peste et d’autres maladies qui sévissaient couramment dans les grandes villes, principalement en raison du manque d’hygiène. « Les gens se promenaient avec des pommes d’ambre autour du cou car l’ambre avait des vertus contre la tristesse. On la respirait pour renforcer les défenses car on disait à l’époque qu’être triste ouvrait la porte aux maladies« .
Il est fort probable que cette utilisation résulte des échanges culturels réalisés avec l’asie, où les chinois utilisaient déja l’ambre gris depuis le 2ème millénaire avant JC dans leur pharmacopée. Ils l’emploient depuis cette époque pour combattre les maladies respiratoires, lutter contre l’infertilité ou l’impuissance, traiter l’épilepsie et certains dysfonctionnements du système nerveux.
Enfin, l’ambre gris fut fréquemment utilisé en cuisine, où il fut considéré comme un aromate précieux que l’on utilisait en faibles quantités afin de rehausser le gout de certains aliments, ou pour donner au vin un gout incomparable. Les romains, grands amateurs de mets raffinés, furent ainsi de gros consommateurs d’ambre gris jusqu’à la chute de l’empire.

Faux…
Sa valeur marchande a toujours attiré les convoitises et les faussaires, qui ont très rapidement fabriqué des substituts aux odeurs semblables, le plus souvent à base de musc ou de civette qui venaient rehausser l’odeur sans pour autant parvenir à égaler celle si puissante et profonde de l’ambre gris. Face à la difficulté à s’approvisionner en ambre gris naturel, la parfumerie utilise désormais aujourd’hui de l’ambre gris synthétique (connu sous les noms d’Ambrox, Ambrosan ou Amberlyn) dont l’odeur et la puissance se rapproche beaucoup plus de la version naturelle, à un prix qui, en comparaison, paraît bien dérisoire.
Mais bien que l’ambre gris soit un nom d’usage protégé, il est devenu hélas courant de constater que des boutiques de parfums ou des boutiques ésotériques vendent des mélanges d’encens  (composés de storax, de benjoin du siam, de patchouli, de benjoin de sumatra etc.) à la couleur grise comme étant de « l’ambre gris » pour une dizaine d’euros les 50 ou 100 grammes (là où la véritable variété naturelle avoisine les 20 à 30 euros du GRAMME..)
Sachez-le, l’emploi de ce nom à mauvais escient est une pratique est tout simplement illégale, qui peut être punie très sévèrement par la loi en cas de contrôle.
Soyez donc prudent si vous souhaitez vous procurer cette substance « royale », et ne vous faites pas avoir en ayant l’impression d’avoir trouvé l’affaire du siècle: cela fait près de 2000 ans que cela n’existe plus pour l’ambre gris


Article par Arnaud THULY

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